Isabelle Girod-Charrière - Auteur d'ouvrages pour les enseignants (Nathan) et de la Méthode Mesdysdoigts (e-book téléchargeable au format PDF)

La Méthode de Pédagogie Informatique Mesdysdoigts, pratique et détaillée est le fruit d’observations, de réflexions et de véritables rencontres nourries auprès de jeunes dyslexiques, dysorthographiques, dysgraphiques, dyspraxiques et dysphasiques dans le cadre des cours informatiques que je leur dispense.

Depuis maintenant 30 ans, c’est un quotidien d’expériences sur le terrain et via Skype qui m’entraîne et me ramène sans cesse vers eux, pour répondre au plus près à leurs besoins informatiques.

Mon implication auprès de ces jeunes et de leur parents -dont je tiens à souligner le dynamisme, le courage et la détermination- m’a permis de réfléchir à l’élaboration d’une approche en pédagogie informatique basée sur une méthode combinatoire du langage et de l’expérimentation qui respecte l’âge, le rythme, les compétences et les difficultés de chaque jeune DYS.

Passionnée par mon métier de formatrice, sollicitée par le milieu éducatif, paramédical et associatif mais aussi par les parents de jeunes DYS toujours en quête de solutions ajustées, j’ai rédigé cet ouvrage pour remédier à un besoin urgent dans l’accompagnement des jeunes DYS sur le chemin d’une formation informatique spécifique et efficace.

Je me suis efforcée de construire cet ouvrage avec le même leitmotiv : la simplicité d’accès pour que vous puissiez prendre rapidement vos points de repère ! Quel que soit votre niveau informatique, les 36 séquences proposées vous offrent de façon très progressive des pistes à suivre en véhiculant des moyens appropriés dans l’aide aux jeunes DYS via leur outil préféré ! Axées sur un versant pédagogique et non pas sur un angle purement technique, ces séquences fournissent des réponses concrètes, privilégiant l’articulation entre la formation et l’outil car il s’agit d’apprendre à enseigner avec facilité la Pédagogie Informatique au jeune DYS.

Comme une évidence, l’attitude engagée des jeunes face à leur outil n’est plus à prouver ! L’ordinateur est devenu un partenaire indissociable de leur génération comme de leur quotidien, toujours disponible et tout à fait personnalisable. Dans un environnement multimédia, synonyme de convivialité, mobilisateur et déclencheur de curiosité, les jeunes DYS témoignent de leur habileté par une approche spontanée et naturelle et par des qualités de concentration et de motivation très soutenues. Une fois débarrassés des contraintes liées aux manipulations et notamment à celles du clavier, ils se mobilisent davantage sur un contenu -ils ne dépensent plus toute leur énergie sur le plan graphique- dépassent les problèmes liés au papier et au crayon et donnent ainsi un véritable sens à leur travail. Dans cette lignée, je vous invite à visionner le témoignage empli de clins d’œil et de vérités à travers la vidéo : « Ma Vie Entre Mes Mots », de Benjamin Cognet par la compagnie des Dys sur :

http://www.youtube.com/watch?v=NHeMit3u1Rs (1èrepartie) et

http://www.youtube.com/watch?v=TTzGfJE35rA (2de partie).

 

Par ses qualités d’adaptabilité bien reconnues, l’ordinateur est devenu un des meilleurs moyens pour contourner les difficultés scolaires par une évidente facilitation motrice et une aide à l’intégration des données. Un effet bénéfique qui dynamise les DYS et les réconcilie bien souvent avec les apprentissages. Il les rend plus actifs, plus coopératifs et plus entreprenants : acteurs d’une part de leurs apprentissages, ils construisent une partie de leurs connaissances par l’expérimentation. Ils savent aussi qu’ils peuvent se tromper et recommencer, que l’erreur ou l’omission n’est pas sanctionnée mais représentée comme une simple indication dans la résolution d’une tâche à accomplir.

Ainsi, cette aide technologique qui constitue aussi une ouverture vers la communication leur permet d’exercer leurs compétences sans ce trouble qui freine ou bloque l’accès à des aptitudes pourtant bien présentes ! L’usage maîtrisé de l’ordinateur facilite leur travail à de nombreux égards et leur permet de poursuivre leurs études dans de bien meilleures conditions !

Encouragée par les résultats probants obtenus, je me permets de louer ici les capacités performantes de l’outil -en complément d’un accompagnement humain, bien sûr- quand il se met au service de la compensation du trouble et de ses répercussions sur le plan scolaire.

Je voudrais évoquer aussi les progrès significatifs qui résident dans la valorisation du potentiel des DYS d’où un changement visible dans leur regard comme dans celui des autres, fondamental pour une meilleure socialisation. En reprenant confiance en eux, ils développent une image positive qui facilite leur intégration.

 

En France, depuis plusieurs années maintenant, grâce à une prise de conscience massive et à une mobilisation grandissante (soutenues par le milieu médical, paramédical, éducatif et associatif, portées par les parents de jeunes DYS) le voile se lève peu à peu dans les mentalités.

Sur le plan scolaire et selon les différentes sources, 6 à 10 % des élèves présentent une DYS. Ce trouble qualifié de spécifique et durable tel un frein aux apprentissages se manifeste de manière différente d’un jeune à l’autre même si l’on peut observer des dénominateurs communs liés aux spécificités de la DYS à des degrés divers, sachant que ces difficultés ne coexistent pas toujours :

  • Des difficultés dans l’acquisition de la lecture.

  • Dans la transcription du langage écrit.

  • Dans celui de la compréhension et/ou de la mémorisation.

  • Des difficultés de repérage dans l’espace/temps mêlées à celles d’organisation.

  • Des troubles de l’attention et de la concentration liées à une certaine fatigabilité.

  • Des problèmes de lenteur.

  • Un caractère hyper actif parfois.

  • Un véritable découragement et une baisse de l’estime de soi.

Vous trouverez une présentation très détaillée sur les troubles DYS, sur ses problématiques ainsi que des réflexions très pertinentes sur ces 2 sites :

https://www.apedys.org/dyslexie-definition/

https://sites.google.com/site/dralainpouhet/les-dys-troubles-specifiques

La notion de « handicap » a été reconnue depuis la loi du 11 février 2005. Elle prend en compte à la fois les troubles du jeune DYS mais aussi les obstacles rencontrés dans son quotidien. Les besoins spécifiques de chacun sont donc évalués pour accéder à la mise en œuvre de mesures adaptées. 

Des dispositifs d’accompagnement existent avec leurs propres spécificités.

Quels sont-ils aujourd’hui ?

En plus du PPRE (Programme personnalisé de réussite éducative), du PAI (Projet d’Accueil individualisé, du PPI (Projet pédagogique individualisé) et du PAOA (Programmation adapté des objectifs d’apprentissage), voici les 2 principaux dispositifs :

Le PAP :

Le Plan d’Accompagnement Personnalisé concerne les élèves porteurs de troubles des apprentissages, sans reconnaissance du handicap.

  • Ce plan est à l’initiative de l’équipe pédagogique (établissement scolaire) ou de la famille et après avis du médecin scolaire. Il est valable de la maternelle à la terminale et révisé chaque année.

  • C’est un dispositif de droit commun, non opposable.

  • Il permet à l’enfant de bénéficier d’aides et d’aménagements pédagogiques afin de le soulager dans sa scolarité :

Par exemple :

  • Place de l’enfant au 1er rang en classe, temps supplémentaire lors des évaluations, devoirs allégés à la maison, travail écrit : réduit, intégration et utilisation d’un ordinateur ou d’une tablette en classe, cours remis par l’enseignant, supports : photocopies ou numériques (avec adaptation et mise en page des documents, repères visuels, pictogrammes…), aides mnémotechniques…

 

Le PPS :

Le Projet Personnalisé de Scolarisation concerne les élèves porteurs de troubles des apprentissages, avec reconnaissance du handicap par la M.D.P.H (Maison Départementale des Personnes handicapées).

  • C’est une véritable feuille de route de l’ensemble des professionnels qui entourent l’élève handicapé.

  • Ce projet définit les modalités de déroulement de la scolarité de l’enfant et les actions qui répondent à ses besoins particuliers. Il définit également les modalités de scolarisation et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, médicales et paramédicales adéquates.

  • Ce sont les parents qui font la demande auprès de la M.D.P.H.

  • Il est renouvelable chaque année et révisable au moins à chaque changement de cycle.

  • Le PPS est un droit opposable. (Si les aides ne sont pas accordées, les parents peuvent faire un recours et saisir le tribunal administratif).

En plus des appuis pédagogiques du PAP :

  • Le PPS permet la mise en place d’un aménagement du temps scolaire et des examens, parfois d’un étalement de la scolarité.

  • D’une dispense d’enseignement.

  • D’un AESH (accompagnant d’un élève en situation de handicap).

  • De moyens de compensation : matériel informatique (ordinateur, tablette, logiciels spécialisés) fourni par l’Éducation Nationale.

  • Des prises en charges des rééducations de l’enfant sur le temps scolaire.

 

Quelle est la réalité du terrain, aujourd’hui en 2020 ?

Dans les établissements scolaires, des adaptations personnalisées se concrétisent davantage au quotidien mais pas encore de façon très homogène, souvent par manque d’informations, de formations des enseignants, et/ou encore de moyens. 

On constate encore de nombreuses disparités entre les régions et les établissements en France.

Tout repose encore trop souvent sur la bonne volonté du corps enseignant !

– Des mesures d’accompagnement se mettent en place dans certaines écoles mais parfois sans bilan…

– Même si un diagnostic médical est établi, les aides ne sont pas toujours mises en place…

Si on assiste aujourd’hui et globalement à une évolution positive, le manque de réseaux, de coordination, de communication, le peu de suivi, de prise en considération des troubles DYS et d’aménagements concrets qui devraient naturellement en découler pour le bien-être de l’enfant, sont encore trop peu souvent considérés par les différentes structures scolaires.

En amont, un travail de communication reste souvent indispensable pour avertir et parfois alerter en vue d’une véritable reconnaissance pour une prise en charge individualisée.

Les parents qui font une demande de PPS auprès de la M.D.P.H (appréciée au cas par cas en fonction de différents critères et notamment de la reconnaissance d’un taux d’incapacité) reçoivent un ordinateur (sous forme de prêt) pour soutenir leur jeune DYS dans sa scolarité. Ils peuvent percevoir aussi une allocation, l’A.E.E.H (Allocation d’Education de l’Enfant Handicapé) destinée à faire face aux dépenses liées à ses rééducations, et/ou une aide humaine : l’A.E.S.H qui intervient en classe quelques heures par semaine pour aider et seconder l’enfant.

La réalité prouve que l’acquisition de l’outil informatique engage encore souvent le porte-monnaie familial et que les aides financières et/ou humaines ne sont pas généralisées en France, selon ses régions.   

Si l’important réside dans l’évolution des regards, l’essentiel demeure dans celle du devenir des jeunes DYS : un accompagnement « sur mesure » avec les meilleurs aménagements concrets possibles, c’est-à-dire ceux qui répondent d’abord à leur(s) trouble(s). C’est aujourd’hui une évolution fondée et indispensable !

Au cours de mes entretiens, je rencontre souvent des parents mais aussi des professionnels de la vie éducative, paramédicale et associative qui semblent démunis, faute d’informations et de formations initiales et/ou continues ; démunis aussi face à l’outil, face à l’absence de logiciels intégrés, face à leur maîtrise ou encore face à la meilleure approche à adopter.  Très désireux de pouvoir accompagner au mieux le jeune DYS dans ce domaine, ils s’interrogent. Face au vide ressenti, face à un manque de connaissances de l’ordinateur et des applications spécifiques pour les jeunes DYS, ils constatent qu’à l’image d’un instrument de musique, l’outil n’est rien sans professeur…

Compte tenu des difficultés éprouvées par les DYS et des effets réels qui en découlent (découragement, démotivation, etc.), il est indispensable d’apporter un véritable soutien par une formation personnalisée sur les différents modules de base et leurs multiples applications : l’environnement informatique, le dactylogiciel (frappe à dix doigts), le traitement de texte, Internet mais aussi sur les outils informatiques et pédagogiques adaptés à leurs troubles spécifiques.  

Mais pour transmettre des connaissances, faut-il d’abord se les approprier !

L’objectif de cette méthode est donc d’aider ces jeunes à surmonter leurs difficultés en vous transmettant des moyens informatiques et pédagogiques ajustés. Tout au long des séquences de l’ouvrage, vous évoluerez à votre rythme dans la découverte et l’apprentissage des logiciels abordés que vous expérimenterez, pas à pas et partagerez ensuite avec votre jeune « stagiaire ». 

Les principaux logiciels intégrés dans cette méthode sont à la portée de chacun, téléchargeables gratuitement via le Net et tout à fait adaptables au jeune DYS avec un minimum de connaissances. Il ne s’agit pas d’exploiter les logiciels dans leur intégralité ni d’aborder l’informatique sur un plan technique mais d’en extraire le meilleur pour le transmettre de la façon la plus pertinente possible !

Si l’ordinateur révèle une certaine puissance dans la médiation, je reste convaincue du rôle déterminant du formateur qui guide, encourage et rassure dans l’approche de l’outil informatique, dans le développement des compétences, des automatismes, et à terme, dans l’autonomie informatique du jeune.

L’expérience montre qu’une formation réussie, relève du partenariat cheminant par la relation formateur/DYS dont la place est essentielle par sa pédagogie. Le formateur, se doit d’être un médiateur attentif qui ouvre de multiples perspectives au jeune et le soutient grâce à un accompagnement rapproché et régulier.

Le jeune DYS, plus que les autres a besoin de votre appui, a besoin de parler pour dire ce qu’il ressent, ce qu’il perçoit, pour penser et comprendre ce qu’il fait. Consécutivement, il a besoin d’un vaste champ d’application favorisant l’assimilation des données et enfin, il a un besoin évident de temps.

Je tiens à souligner l’admirable volonté et la puissante détermination de mes jeunes DYS vifs d’esprit, curieux et créatifs souvent pourvus d’une bonne analyse verbale et qui se démènent par rapport à leur dysfonctionnement.  De leur remarquable assiduité dans leur parcours informatique pour maîtriser l’outil. Reliés à leur formation par le fil conducteur de l’espoir, ils sont tout à fait conscients des bénéfices récoltés : contournement du trouble, mise en valeur de leur potentiel, meilleure intégration scolaire et sociale.

Au cœur de ces bienfaits, combien de fois la chance m’a-t-elle été donnée de sentir le bien-être retrouvé de ces jeunes souvent en situation d’évitement, de démotivation et d’échec qui, grâce à l’intégration progressive de l’outil informatique dans leur scolarité ont retrouvé leur sourire, leur place et leur équilibre !

Je voudrais préciser qu’une intégration réussie de l’outil dans la scolarité requiert des échanges concrets et réguliers entre la famille et l’enseignant qui annonce à la classe de façon simple et spontanée la nécessité de cette prise en charge individualisée favorisant du même coup, l’entraide. L’expérience montre qu’il est préférable d’avertir plutôt que de taire, dans l’intérêt de tous et pour l’image du jeune DYS qui doit se sentir porter par un climat de compréhension et de confiance.

D’une façon évidente, l’intégration de l’ordinateur dans le milieu scolaire est mieux acceptée quand l’autonomie de son utilisateur y est associée !

Partager le miroir de mon expérience, c’est pour moi la fabuleuse opportunité de donner à un plus grand nombre de jeunes DYS les moyens d’optimiser leurs apprentissages, leur devenir scolaire, leur avenir professionnel et personnel. Vous l’aurez bien compris, la vocation de cet ouvrage d’éducation à la Pédagogie informatique, est de vous proposer des clés pour guider votre jeune « stagiaire » tout au long de ses découvertes, à l’image d’un parcours intégratif. 

Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin. C’est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d’y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons. [Paulo Coelho]

*Le terme « jeune » est employé au sens large pour le désigner au masculin comme au féminin.

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